Amalgat
créations

Entrez dans la danse et venez participer aux ateliers.
Éveillez vos sens avec les textes des auteurs
Inspirez-vous d’une ou de plusieurs images du corpus photographique.
Et
Envoyez-nous un texte de votre cru




Gesatmeg amalgat, me' telitueg lnu'tesing togo na.
Nous aimons la danse, la danse (façon autochtone) encore davantage.

lnu'tesing amalgat megitelsit.
La danse autochtone rend fiers.

Gi'nujultieg ta'n tle'iawultiegw !
Nous sommes fiers de nos racines!

Gi'nujultieg ta'n teli-l'nuulti'gw !
Nous sommes fiers de nos origines autochtones!

Sa'n Claude Béliveau
3 décembre 2007


Depuis que je vous connais tout va très vite au trot pour moi.

Issue d’une enfance heureuse au ranch de mon père en Arizona, j’ai tout appris de l'art du rodéo. Ma mère me passait la corde au cou afin de vérifier comment je m'en déprenais, si cela pouvait ressembler aux petits veaux sauvages que mon père voulait amadouer. Maman me répétait souvent que dans la vie, l'on tenterait souvent de me prendre au piège, car selon bien des regards avoisinants, je faisais déjà les délices de plusieurs connaisseurs.

Toujours est-il qu'au ranch de papa, j'y développai un seul vrai désir, une seule passion: celle de tout me souvenir dans la belle caboche que voici. Ma petite soeur Rose, qui avait la passion des chevaux, me remit un portrait de Dorianne, la belle noire crinière au vent, qui fût peint en 1912 par mon grand-père paternel. Dans les histoires poudreuses de la famille, paraît-il que la jument Dorianne fut acquise aux enchères lorsqu'un guerrier apache mourut non loin du ranch, frappé à mort par une brute du coin qui lui enviait une jolie femme. Mon coeur ne crut pas un mot de cette histoire, mais mon âme indienne exulta: En effet maman est bien algonquine et elle est fort belle...

me voici ? montréal après de nombreuses années de voyages, j'ai fait une immense collection d'arbres sauvages, en estampes, en photographies, en dessein, en histoires decorées à l'encre de chine. Devant mon passé tumultueux et extraordinaire  je vous présente aujourd'hui mes talents de photographe: j'apprends à vivre suite aux nombreux décès qui ont frappé à mes portes en cavalcades cette dernière décennie.

Ma photo la plus précieuse, mon père mourant dans les bras endoloris d'amour de maman, sur un tas de foin dans l’étable avec ma très chère Rose, agenouillée et en larmes et un magnifique poney naissant d'il y a à peine quelques jours...

Marina Zaidman
4 mars 2007

MI-CARÊME
Christine Martel

J’ai trois ans suis en visite à la campagne sur une marche du grand escalier de bois de la maison de l’Anse en bardeaux jaunes pyjama de flanellette jaunie fripée tête chiffonnée et pieds nus comme mes cousins fraîchement réveillés par des éclats de voix porte restée entrouverte sur la nuit qui sent l’étable des créatures découpées sur le noir visages blancs caoutchouc blême et haleines robustes de caribou ça brame et ça beugle je me sens heurtée par le vacarme et les mouvements brusques mes larmes sont sur le point de déborder de mes paupières pleines d’eau mon petit cœur malade se débat en saccades j’ai froid dans le dos mon père enlève son masque glacial je n’aime pas que ce soit lui les paupières à moitié closes par l’alcool teint cireux je me console dans les bras sous les yeux bleus et inquiets de celle qui le fera tant de fois rouge aux lèvres brillant les bêtes vêtues de guenilles se dirigent en troupeau ravalant mon papa vers la cuisine ont enlevé leurs cagoules peaux de plastique chair de cadavre hideuses et glauques se dépêtrent de leurs haillons se barrent les pieds remplis de fourrage et de vieille gazette ça pue le poil mouillé et la sueur dans la cuisine les femmes pomponnées et parfumées ont préparé des tourtières et des pâtés qui fument sur la nappe fraîchement repassée à côté des bouteilles de bière et de fort les hommes froissés respirent en buvant la fumée de leurs cigarettes sans filtre se moquent de la réaction excessive des petits épouvantés à la recherche de visages disponibles et de bras je suis fâchée je refuse d’aller me coucher j’en veux à mon père qui n’a de contact avec moi que pour me bouleverser il me regarde baba je bouche mes oreilles et ferme mes yeux égarouillés délavés suis trop petite pour comprendre la bêtise cruelle des adultes je ne sais pas que c’est dans les mœurs de faire peur aux enfants il est trop saoul pour comprendre que cet événement me marquera à jamais des musiciens se mettent à violoner à zigner et à pianoter leur musique est brute et envoûtante on s’agite corsages et bassins ensorcelés sons saccadés de sabots et de fers sur le plancher les vibrations dans les murs et les plafonds de la maison résonnent en crescendo dans ma poitrine mon petit corps frissonne avant de basculer dans le sommeil réfugié sur le lit de la grande chambre bois de vé enveloppé le nez dans le satin du manteau refuge de rat musqué de ma mère Chanel #5 pour faire ce rêve que je ferai toute ma vie :

J’ai trois ans suis en visite à la campagne sur une marche du grand escalier de bois de la maison de l’Anse en bardeaux jaunes pyjama de flanellette jaunie fripée tête chiffonnée et pieds nus comme mes cousins fraîchement réveillés par des éclats de voix porte restée entrouverte sur la nuit qui sent l’étable des créatures découpées sur le noir visages blancs caoutchouc blême et haleines robustes de caribou ça brame et ça beugle je me sens heurtée par le vacarme et les mouvements brusques mes larmes sont sur le point de déborder de mes paupières pleines d’eau mon petit cœur malade se débat en saccades j’ai froid dans le dos mon père enlève son masque glacial je n’aime pas que ce soit lui les paupières à moitié closes par l’alcool teint cireux je me console dans les bras sous les yeux bleus et inquiets de celle qui le fera tant de fois rouge aux lèvres brillant les bêtes vêtues de guenilles se dirigent en troupeau ravalant mon papa vers la cuisine ont enlevé leurs cagoules peaux de plastique chair de cadavre hideuses et glauques se dépêtrent de leurs haillons se barrent les pieds remplis de fourrage et de vieille gazette ça pue le poil mouillé et la sueur dans la cuisine les femmes pomponnées et parfumées ont préparé des tourtières et des pâtés qui fument sur la nappe fraîchement repassée à côté des bouteilles de bière et de fort les hommes froissés respirent en buvant la fumée de leurs cigarettes sans filtre se moquent de la réaction excessive des petits épouvantés à la recherche de visages disponibles et de bras je suis fâchée je refuse d’aller me coucher j’en veux à mon père qui n’a de contact avec moi que pour me bouleverser il me regarde baba je bouche mes oreilles et ferme mes yeux égarouillés délavés suis trop petite pour comprendre la bêtise cruelle des adultes je ne sais pas que c’est dans les mœurs de faire peur aux enfants il est trop saoul pour comprendre que cet événement me marquera à jamais des musiciens se mettent à violoner à zigner et à pianoter leur musique est brute et envoûtante on s’agite corsages et bassins ensorcelés sons saccadés de sabots et de fers sur le plancher les vibrations dans les murs et les plafonds de la maison résonnent en crescendo dans ma poitrine mon petit corps frissonne avant de basculer dans le sommeil réfugié sur le lit de la grande chambre bois de vé enveloppé le nez dans le satin du manteau refuge de rat musqué de ma mère Chanel #5 pour faire ce rêve que je ferai toute ma vie et qui m’inspirera ce texte:

J’ai trois ans suis en visite à la campagne sur une marche du grand escalier de bois de la maison de l’Anse en bardeaux jaunes pyjama flanellette jaunie fripée tête chiffonnée et pieds nus comme mes cousins fraîchement réveillés par des éclats de voix porte restée entrouverte sur la nuit qui sent l’étable des créatures découpées sur le noir visages blancs caoutchouc blême et haleines robustes de caribou ça brame et ça beugle je me sens heurtée par le vacarme et les mouvements brusques mes larmes sont sur le point de déborder de mes paupières pleines d’eau mon petit cœur malade se débat en saccades j’ai froid dans le dos mon père enlève son masque glacial je n’aime pas que ce soit lui les paupières à moitié closes par l’alcool teint cireux je me console dans les bras sous les yeux bleus et inquiets de celle qui le fera tant de fois rouge aux lèvres brillant les bêtes vêtues de guenilles se dirigent en troupeau ravalant mon papa vers la cuisine ont enlevé leurs cagoules peaux de plastique chair de cadavre hideuses et glauques se dépêtrent de leurs haillons se barrent les pieds remplis de fourrage et de vieille gazette ça pue le poil mouillé et la sueur dans la cuisine les femmes pomponnées et parfumées ont préparé des tourtières et des pâtés qui fument sur la nappe fraîchement repassée à côté des bouteilles de bière et de fort les hommes froissés respirent en buvant la fumée de leurs cigarettes sans filtre se moquent de la réaction excessive des petits épouvantés à la recherche de visages disponibles et de bras je suis fâchée je refuse d’aller me coucher j’en veux à mon père qui n’a de contact avec moi que pour me bouleverser il me regarde baba je bouche mes oreilles et ferme mes yeux égarouillés délavés suis trop petite pour comprendre la bêtise cruelle des adultes je ne sais pas que c’est dans les mœurs de faire peur aux enfants il est trop saoul pour comprendre que cet événement me marquera à jamais des musiciens se mettent à violoner à zigner et à pianoter leur musique est brute et envoûtante on s’agite corsages et bassins ensorcelés sons saccadés de sabots et de fers sur le plancher les vibrations dans les murs et les plafonds de la maison résonnent en crescendo dans ma poitrine mon petit corps frissonne avant de basculer dans le sommeil réfugié sur le lit de la grande chambre bois de vé enveloppé le nez dans le satin du manteau refuge de rat musqué de ma mère Chanel #5.

 

En prenez-vous? C'est par ce cri que de joyeux lurons vêtus de toutes sortes d’oripeaux se présentaient à la porte des maisons pendant la deuxième semaine du carême. On se donnait ainsi un petit répit pour s'amuser un peu en ces jours de jeûne et d'abstinence. Le but de cette mascarade était de se vêtir de vieux manteaux, sacs de patates, peaux de fourrures et même grosses boîtes de cartons, le tout le plus ample possible, qu'on remplissait de paille ou de vieux journaux afin de tromper la vigilance des hôtes visités qui faisaient tout leur possible pour deviner qui se cachait sous ces déguisements. La chose n'était pas facile; les gens se connaissaient tous et on avait beau se déhancher de tous les bords et marcher tout croche, le moindre petit geste trahissait et on nommait dans un grand éclat de rire. Le fait de passer sans être reconnu devenait presque un exploit tellement certains avaient l'œil vif et reconnaissaient les mines. Seuls les hommes participaient à cette mascarade car il aurait été mal vu à cette époque de voir des femmes se promener ainsi la nuit venue. Mais il y avait bien d'autres compensations. On réservait la soirée pour parader dans de plus beaux atours. Les beaux habits qui ne servaient plus étaient ornés de rubans, dentelles, verroterie, papier de plomb. Sur la tête, une mitre comme celle de l’Évêque, que l'on parait aussi des mêmes ornements avec un miroir en plus. Certains apportaient leur violon, leur musique à bouche ou leur accordéon et on profitait de l'occasion pour inviter les filles de l'endroit à un petit set carré. Inutile de dire que les familles ou résidaient les plus belles demoiselles étaient fort courues. Ce brouhaha et cette agitation réveillaient à tout coup les enfants qui assistaient impuissants aux excès de leurs protecteurs.

 

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Danse en langue micmaque